Ni oui, ni non

Même pas un brin romancée, cette histoire sur l’aide médicale à mourir est véridique, à l’exception du prénom utilisé

Bruno, autrefois de stature moyenne ayant vécu à 100 miles à l’heure, souvent délinquant, maintenant devenu un homme décharné, rongé par un cancer qui n’est fini plus. Qui n’en finit plus de lui enlever la vie, tranquillement comme s’il avait à expier ses fautes, ses faux pas. Un cancer en phase terminale qui le fait tellement souffrir qu’il décide de demander l’aide médicale à mourir. Il souffre constamment, malgré la morphine, malgré tous les autres médicaments rendus sans effet, malgré l’amour de ses proches qui l’accompagnent courageusement.

Réponse suite à sa demande de mourir dignement, prochainement, parce que la douleur prend toute la place, parce que la douleur est insoutenable : NON

Mais que faut-il pour obtenir un oui, pour obtenir le droit de trépasser doucement? Alors cet homme au bout du rouleau, au bout de sa vie y va avec les moyens du bord….s’immoler par le feu. Son paternel arrive au moment où sa jambe est brûlée au 3e degré, au moment où les lambeaux de peau se détachent, une peau brûlée vive à cause de l’essence et d’un briquet. Lui aussi brûlé aux mains en stoppant son fils de s’immoler, lui dit « on va trouver un autre moyen mon garçon ».

Alors, vient la deuxième demande d’aide médicale à mourir, la demande de mourir dignement, non pas brûlé vif, mais doucement. La réponse à la seconde demande de mourir dignement : OUI

Alors le médecin lui demande quand veux-tu partir doucement, dignement? Demain, de répondre d’emblée notre homme.

Alors, le lendemain, entouré de sa famille et d’un médecin qui ne cesse de lui (re)-demander, êtes-vous certain de vouloir en finir? Oui. Avez-vous changé d’avis? Non. Il n’a pas changé d’avis…son corps rongé par ces cellules du mal le font toujours autant souffrir. Alors le médecin explique la procédure, une première injection pour l’endormir et une seconde qui paralyse tous les muscles du corps (ou ce qu’il en reste) dont les muscles nécessaires à la respiration…c’est là que la vie s’achève, doucement, dignement.

Une première injection endort notre homme, tellement qu’on peut l’entendre ronfler…Est-il toujours souffrant, demandent ses proches? Non. Une seconde injection et les ronflements cessent doucement…est-ce qu’il est parti maintenant demande sa famille? Oui, répond le médecin. La vie l’a quitté tout comme les souffrances insoutenables.

En faveur de l’aide médicale à mourir ? Bien sûr que oui! Faut-il mieux encadrer les refus, les non? Sûrement oui…les conséquences peuvent être désastreuses.

Allez, repose en paix jeune homme!

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