Archives mensuelles : février 2018

Phénix le logiciel de la honte

Les fonctionnaires ont le dos large, surpayés, surévalués, sans âme, sans coeur.

Par contre, un droit subsiste dans une démocratie…tout employé a le droit d’être rétribué à la hauteur des services rendus… La situation est tout autre présentement au gouvernement fédéral, des employés refusent des promotions, retardent leur retraite…un congé de maternité, de paternité, une des plus belles étapes de vie devient un cauchemar…pourquoi? À cause de Phénix, le ¨nouveau’ logiciel de paye du gouvernement fédéral. Tout est centralisé à Miramichi…des économies, des efficacités sans pareil! Voilà les promesses des conservateurs…on rationalise, on coupe. Dès les premiers mois, le logiciel a présenté des difficultés, a connu des ratés….pas grave on étend l’implantation. Plus tard, d’autres problèmes surgissent, pas grave on étend l’implantation…des mois, voire des années plus tard, on se retrouve avec des fonctionnaires pas payés, sous payés, surpayés…Wow, direz-vous, des milliers de dollars en trop! Merveilleux..pas quand perdez des crédits d’impôt, pas quand des déductions vous sont refusées parce que votre salaire est erroné, trop élevé. N’ayez crainte, le gouvernement est très rapide pour reprendre son dû…parfois trop tard, puisque le mal est fait.

Mais pourquoi? Pour avoir voulu rationaliser, concentrer, économiser en enlevant la gestion des payes aux ministèrs et en la centralisant à Miramichi…comprenez-moi bien, je n’ai absolument rien contre Miramichi…une belle région, des gens super sympathiques…mais n’oublions pas l’idée maîtresse…tout le monde a le droit d’être rétribué à la hauteur des services rendus…même les fonctionnaires…

Quand le gouvernement redonnera-t-il la gestion des services de paye à chacun des ministères…quand le premier ministre, les ministres et même les sous-ministres deviendront-ils solidaires de leurs employés et refuseront d’être payés tant et aussi longtemps que des fonctionnaires perdront leur crédit, leur maison leur dignité? Elle est peut-être là la honte…

Aujourd’hui, il faut vivre

Aujourd’hui il faut vivre ne serait-ce que pour prouver aux quatorze femmes abattues par un tireur fou en 1989, qu’elles ne sont pas tombées dans l’oubli. Aujourd’hui, il faut vivre pour qu’elles puissent voir, de l’au-delà, que la société québécoise se bat toujours pour que jamais plus des femmes belles et tellement intelligentes ne soient la cible d’un misogyne quelconque. Anne-Marie, Barbara, Annie, Nathalie, Hélène, Maryse, Maud, Geneviève, Sonia, Michèle vous occupez, depuis 28 ans, une place bien spéciale dans le coeur de toutes les familles québécoises.

Parlons-en de cette société québécoise, tellement différente du ROC. On fume plus, on se marie moins, on divorce plus, on produit plus d’artistes, on vénère notre télé ! Pourtant plusieurs drames s’y sont joués…l’Assemblée nationale, Polytechnique, McGill, Dawson. Pas nécessairement perpétré par un misogyne, mais toujours par une personne souffrante, un homme en détresse que l’on aime qualifier de fou. Les fous, nous interpellent beaucoup moins, les fous ont les enferment, on y peut rien. Pourtant ces hommes avaient des familles, un logement, un emploi, des amis peut-être, une vie quoi! Belle ou malheureuse…souvent malheureuse, j’imagine…

Nous avons tous une responsabilité de dénoncer les paroles et les comportements déplacés, voire malsains. Les femmes doivent refuser, parler, dénoncer. Les hommes ont aussi une responsabilité; quand vous entendez vos chums, vos collègues. vos connaissances abaisser les femmes, une femme; quand vous entendez ces derniers se défouler en fantasmant des comportements inacceptables sur les femmes, sur leurs collègues, leurs amies… dites-leur donc ! Vous avez une façon bien masculine de régler vos différends, Mettez-la donc à profit !

Parce que c’est aussi ça vivre : dénoncez, posez des questions, posez LA question, allez chercher de l’aide, pas seulement pour soi, mais aussi pour ces hommes écorchés.

Aujourd’hui, il faut vivre !

Ni oui, ni non

Même pas un brin romancée, cette histoire sur l’aide médicale à mourir est véridique, à l’exception du prénom utilisé

Bruno, autrefois de stature moyenne ayant vécu à 100 miles à l’heure, souvent délinquant, maintenant devenu un homme décharné, rongé par un cancer qui n’est fini plus. Qui n’en finit plus de lui enlever la vie, tranquillement comme s’il avait à expier ses fautes, ses faux pas. Un cancer en phase terminale qui le fait tellement souffrir qu’il décide de demander l’aide médicale à mourir. Il souffre constamment, malgré la morphine, malgré tous les autres médicaments rendus sans effet, malgré l’amour de ses proches qui l’accompagnent courageusement.

Réponse suite à sa demande de mourir dignement, prochainement, parce que la douleur prend toute la place, parce que la douleur est insoutenable : NON

Mais que faut-il pour obtenir un oui, pour obtenir le droit de trépasser doucement? Alors cet homme au bout du rouleau, au bout de sa vie y va avec les moyens du bord….s’immoler par le feu. Son paternel arrive au moment où sa jambe est brûlée au 3e degré, au moment où les lambeaux de peau se détachent, une peau brûlée vive à cause de l’essence et d’un briquet. Lui aussi brûlé aux mains en stoppant son fils de s’immoler, lui dit « on va trouver un autre moyen mon garçon ».

Alors, vient la deuxième demande d’aide médicale à mourir, la demande de mourir dignement, non pas brûlé vif, mais doucement. La réponse à la seconde demande de mourir dignement : OUI

Alors le médecin lui demande quand veux-tu partir doucement, dignement? Demain, de répondre d’emblée notre homme.

Alors, le lendemain, entouré de sa famille et d’un médecin qui ne cesse de lui (re)-demander, êtes-vous certain de vouloir en finir? Oui. Avez-vous changé d’avis? Non. Il n’a pas changé d’avis…son corps rongé par ces cellules du mal le font toujours autant souffrir. Alors le médecin explique la procédure, une première injection pour l’endormir et une seconde qui paralyse tous les muscles du corps (ou ce qu’il en reste) dont les muscles nécessaires à la respiration…c’est là que la vie s’achève, doucement, dignement.

Une première injection endort notre homme, tellement qu’on peut l’entendre ronfler…Est-il toujours souffrant, demandent ses proches? Non. Une seconde injection et les ronflements cessent doucement…est-ce qu’il est parti maintenant demande sa famille? Oui, répond le médecin. La vie l’a quitté tout comme les souffrances insoutenables.

En faveur de l’aide médicale à mourir ? Bien sûr que oui! Faut-il mieux encadrer les refus, les non? Sûrement oui…les conséquences peuvent être désastreuses.

Allez, repose en paix jeune homme!